Home » Press » Dans l’Express de Neuchâtel le 23 mai 2013

Dans l’Express de Neuchâtel le 23 mai 2013

L’avis d’Andreas Gross, politologue, membre du conseil de l ‘Europe, animateur de l’atelier pour la démocratie directe, à Saint-Ursanne.

« Les citoyens pourraient mieux se faire entendre »

– Que pensez-vous de cette initiative pour une prise en compte du vote blanc ? Est-ce une démarche utopique ?

– Non, pas du tout. Il y a déjà des cantons suisse dans lesquelles on compte les bulletins blanc et où on les intègre dans le calcul des majorités absolues. Voter blanc n’est pas la même chose que s’abstenir. L’abstention est un message d’indifférence ou un manque d’intérêt. Voter blanc veut dire qu’on est incapable de faire un choix, qu’aucun candidat ne mérite la confiance. Ce sont des attitudes très différentes. Les connaître permet de comprendre la réalité politique et les tendances dans la société.

– Un tel projet est-il applicable ? En cas d’élection par exemple, s’il y avait une majorité de votes blancs, il faudrait organiser un nouveau scrutin et cela créerait un blocage.

– Il ne faut jamais peindre le diable sur la muraille. Je ne connais pas d’exemple de votation dans laquelle la majorité a voté blanc. Pour les élections, il y a en général deux tours et une majorité absolue suffit au second tour. Mais cette petite innovation va inciter les partis à travailler encore mieux et à faire plus d’efforts pour convaincre les citoyens et améliorer le dialogue avec eux. Dans le détail, il ne faut pas oublier que les autorités restent toujours au pouvoir jusqu’au moment où de nouvelles personnes sont élues et jusqu’à ce que le délai de recours soit dépassé.

-Cette initiative pourrait-elle vraiment remotiver les électeurs à faire valoir leurs droits démocratiques et diminuer le taux d’abstention ?

Cela serait une différenciation utile et ça augmenterait les possibilités à disposition des citoyens pour se faire entendre. Comme moyen contre l’abstention, je ne la surestimerais pas. Pour cela, il y aurait d’autres mesures plus efficaces, mais il nous faut aussi être plus créatifs. Cela dit, c’est vrai qu’un gouvernement et un parlement élus par seulement un tiers de l’électorat ne peuvent pas être fiers. Ils feraient bien de s’intéresser à ce déficit démocratique et de réfléchir à ce qu’il faudrait faire pour augmenter leur propre légitimité et la participation des citoyens.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

*